Les Hyperparathyroïdies Définition - Pathologie fréquente, le plus souvent asymptomatique - caractérisée par une sécrétion autonome de parathormone par un adénome ou une hyperplasie parathyroidienne - grave par les complications liées à l'hypercalcémie et les complications osseuses I. Physiopathologie 1°) Rappels physiologiques Le calcium joue un rôle important: - dans la plupart des activités cellulaires en tant que second messager hormonal - en tant que facteur de minéralisation osseuse La calcémie est la conséquence d'un équilibre dans les échanges calciques entre: - le tube digestif et l'apport alimentaire - l'os où le calcium est sous forme de cristaux d'hydroxyapatite - le rein qui est un organe excréteur de calcium Trois hormones sont impliquées dans l'équilibre calcique: - la PTH peptide de 84aa d'origine parathyroidienne - le 1-25 OH D3 produite par le rein - la calcitonine produite par les cellules C thyroidiennes Ces hormones agissent de façon intégrée au niveau des 3 organes cibles - PTH et 1-25 OH D3 augmentent la concentration de calcium - la calcitonine la diminue, en inhibant l'activité ostéoclastique de l'os La PTH agit par 3 mécanismes pour augmenter la calcémie: - stimulation de l'activité ostéoclastique au niveau osseux - conversion de la 25-OHD3 en 1,25 OHD3, favorisant ainsi la au niveau intestinal la réabsorption du calcium - augmentation de la réabsortion du calcium au niveau rénal Au niveau cellulaire: - PTH et calcitonine agissent par l'intermédiaire de récepteurs membranaires de type activité adénylate cyclase - la 1-25 OH D3 se fixe sur un récepteur cytosolique migrant vers le noyau 2°) en cas d'hyperparathyroidie (HPT) On distingue différentes étiologies: - HPT 1°: hypersécrétion autonome de PTH - HPT2°: hypersécrétion de PTH secondaires à des hypocalcémies chroniques réversible par l'infusion IV de calcium, le plus souvent observée au cours des insuffisances rénales chroniques - HPT3°: passage d'une hypo ou normocalcémie à une hypercalcémie avec hypersécrétion de PTH. Le plus souvent dépistées chez les insuffisants rénaux chroniques après greffe rénale. L'HPT 1° est fréquente après 50 ans (prévalence de 1/1000) notamment chez la femme avec un retentissement osseux La forme du jeune est le plus souvent associée à des lithiases rénales II. Clinique: l'hyperparathyroidie primitive de l'adulte 1°) Forme typique Cliniquement Le diagnostic peut être évoqué devant des symptômes: * en relation avec l'hypercalcémie-hypercalciurie - troubles de la concentration, somnolence, céphalées - fatigue musculaire (muscles proximaux) - douleurs articulaires, tendinites, chondrocalcinoses - prurit - douleurs abdominales, nausées - soif, polyurie - douleurs lombaires, coliques néphrétiques - HTA * plus rarement actuellement devant des signes osseux (osteite fibro-kystique) - douleurs osseuses ou fractures A l'examen, les signes sont relativement non spécifiques - fatigue musculaire et hypoexcitabilité tendineuse - diminution de la sensibilité superficielle et profonde Plus spécifiques sont: * les calcifications des tissus mous: chondrocalcinose, tendinites calcifiées * la recherche de déformations osseuses (fractures, machoires) * les parathyroides sont rarement palpables Radiologiquement: - résorption osseuse sous-périostée au niveau des phalanges distales ou de la lamina dura des alvéoles dentaires  - ostéopénie (crane) - kystes osseux (tumeurs brunes) - calcifications: - tendinites, chondrocalcinoses - néphrocalcinose, lithiases rénales
Biologiquement Le diagnostic repose sur la constatation: - d'une hypercalcémie, d'une hypophosphorémie - d'une hypercalciurie - d'une augmentation de la PTH De valeur pronostique - l'augmentation de l'ostéocalcine Le diagnostic topographique est délicat - échographie et tomotensitométrie cervicale - scintigraphie Sesta Mibi - Technecium en soustraction (90% de sensibilité et 70-90% de spécificité)  - cathétérisme veineux avec dosages étagés de PTH - le diagnostic est le plus souvent effectué en per-opératoire. C'est pourquoi il est classique de dire que le véritable bilan topographique devant la découverte d'une HPT 1° est l'identification d'un chirurgien expérimenté
2°) Formes cliniques Symptomatiques Les signes cliniques sont habituellement modérés, et le diagnostic est le plus souvent fortuit à l'occasion: - d'un bilan sanguin systématique - du bilan d'une asthénie étiologiques - l'adénome hyperparathyroidien soit isolé (85%) soit multiples (5%) atteint l'adulte incidence de 25 cas/105 sujets/ an - le carcinome parathyroidien est rare (<1%) - l'hyperplasie des 4 glandes (10%) souvent dans le cadre d'une NEM de type I (HPT dans 80% des syndromes) ou NEM de type II (HPT dans 50% des syndromes IIa) Topographiques 20% des glandes parathyroides sont médiastinales, notamment au niveau des cornes thymiques évolutives - insuffisance rénale par néphrocalcinose - formes cardiovasculaires avec HTA - formes digestives - ulcères gastro-duodénaux (parfois gastrinomes et syndrome de Zollinger-Ellison associé) - pancréatites aigues III. Diagnostic différentiel  Diagnostic différentiel: - des hypercalcémies - iatrogènes: thiazidiques, vitamine D-calcium, lithium, vitamine A - sarcoidose - hypercalcémie hypocalciurie familiale - immobilisation - hypercalcémies paranéoplasiques avec sécrétion de PTHrp (peptide de 141aa avec identité de séquence avec la région N-terminale de la PTH, agissant sur les récepteurs de la PTH) - endocrinopathies (addison, hyperthyroidie) - des hyperparathyroides 1° avec au premier plan, les hyperparathyroidies secondaires au cours des insuffisances rénales mais qui s'associent avec une hypocalcémie IV. Traitement A. Moyens Traitement médical de l'hypercalcémie (>3mM/l) - glucocorticoides, calcitonine - réhydratation et diurétiques (furosémide) Traitement chirurgical par un chirurgien entrainé - exploration des 4 parathyroides - une recherche au besoin de parathyroide ectopique - examen anapath extemporané au besoin Dans certains cas, on peut discuter une autotransplantation de parathyroide au niveau du deltoïde ou de l'avant-bras B. Indications La chirurgie est à considérer chez tout patient avec diagnostic formel, même si les examens morphologiques restent négatifs. Les indications non discutables sont: - les hypercalcémies menaçantes >2,8mM/l - des complications rénales ou une hypercalciurie (>6mg/kg de poids idéal/jour) - des lésions osseuses avec ostéopénie mesurée par ostéodensitométrie - un âge inférieur à 50 ans Chez les patients asymptomatiques sans indication opératoire: - surveillance clinique et biologique tous les 6 mois - éviter les diurétiques thiazidiques et les apports excessifs de calcium - prévenir la deshydratation - mettre en place un traitement substitutif chez les femmes ménopausées C. Résultats En cas de succès opératoire, il existe une hypocalcémie post-opératoire immédiate. Dans certains cas, il peut exister une hypoparathyroidie définitive imposant un traitement vitamino-calcique Il peut exister d'autres complications comme des paralysies récurrentielles. Un suivi s'avère nécessaire, en particulier du fait de la possibilité d'une NEM associée.
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