Aménorrhées et ménopause précoce D'origine primaire ou secondaire, il importe de conduire une démarche de diagnostic étiologique précise. I. Les éléments du diagnostic Cliniques * Interrogatoire - mode de survenue - facteurs déclenchants (après pilule, amaigrissement massif) - maladies associées (maladies autoimmunes) - antécédents familiaux, notamment gynécologiques - signes associés (anosmie, galactorrhée spontanée) * examen clinique - examen des caractères sexuels primaires et secondaires - recherche de signes de virilisation - recherche d'une galactorrhée * Test à la progestérone et/ou courbe de température Biologiques - en l'absence de traitement estroprogestatifs - dosages des hormones sexuelles, des gonadotrophines, de la prolactine Morphologiques · Echographie pelvienne (par voie abdominale ou endo-vaginale) · aspect des ovaires · recherche d'un utérus · Hystérosalpingographie · Coelioscopie II. AMENORRHEES PRIMAIRES Les premières règles surviennent 2 à 3 ans après l'apparition des CS 2°. L'absence de ces menstruations est le motif de consultation le plus fréquent. L'absence de règles à 15 ans et un retard pubertaire à 13 ans nécessitent un bilan A. L'examen clinique est essentiel, pour l'orientation des investigations Il faut : - tenir compte de l'impact psychologique de l'aménorrhée (mère + fille) - explorer l'appareil génital et l'axe gonadotrope pour séparer: l'anomalie congénitale irréversible le dysfonctionnement réversible - préciser le pronostic de fertilité - mettre en route une thérapeutique avec comme objectifs: · à court terme, assurer la croissance staturale · à long terme, corriger la carence en estrogènes B. La démarche diagnostique comporte 5 étapes: 1°) Quels sont les ATCD gynéco de la jeune fille et de sa mère? 2°) Quel est le développement des CS? * CS 2° seins (développement, galactorrhée) examen de la pilosité pubienne, axillaire OGE (clitoris, grandes et petites lèvres) A l'issue de l'examen, les CS 2° peuvent être: - normaux - infantiles (retard pubertaire) - dissociés - ambigus (morphotype, hyperpilosité, hypertrophie clitoridienne) * Recherche d'un utérus par examen gynéco, écho pelvienne 3°) Existe-t-il: des anomalies morphologiques ? des dysmorphies, des malformations? 4°) Quelle est la taille? retard de croissance, de l'âge osseux? faire une radio de la main et du poignet gauche 5°) Existe-t-il des troubles de l'olfaction? C. ETIOLOGIES - une maladie ovarienne existe dans 50% des cas - 1/3 correspondent à une dysgénésie müllerienne - 1/6 correspondent à des anomalies du développement génital 1. Anomalies de la différentiation génitale - Déficit de synthèse en testostérone: Pseudo-hermaphrodisme masculin (46XY) déficits enzymatiques touchant à la fois les surrénales et les gonades (P450scc, 3ß-ol, 17 ß-OHase (+HTA),17,20 lyase) OGE, OGI féminins ou ambiguité caractères sexuels 2° virilisés de façon variable - Excés de synthèse de testostérone: Pseudo-hermaphrodisme féminin (46XX) Déficits enzymatiques limités à la surrénale (déficit en 21 OHase avec ou sans perte de sel, déficit en 11 ß-OHase) puberté précoce hirsutisme hypertrophie clitoridienne HTA (si déficit en 11 ß-OHase) - Anomalies de l'action des androgènes au niveau des tissus cibles * déficit en 5 réductase: Pseudo-hermaphrodisme masculin (46XY) ambiguité sexuelle pilosité sexuelle normale mais pas de développement mammaire organes génitaux virilisés * Résistance aux androgènes (testicule féminisant): Pseudo-hermaphrodisme masculin (46XY) OGE féminins mais pas d'utérus développement mammaire pilosité axillaire et pubienne faible 2. Anomalies du développement gonadique - hermaphrodisme vrai (46XX, 46XY, mosaïque) - syndrôme de Turner (45X), cause la plus fréquente des hypogonadismes congénitaux - dysgénésie gonadique (46XX, 46XY) 3. anomalies du développement tubaire avec dysgénésie müllerienne 4. Résistance aux gonadotrophines (46XX) Follicules primaires, immatures à la biopsie élévation LH et FSH 5. maladies hypothalamo-hypophysaires Kallman-De Morsier: hypogonadisme hypogonadotrophique et anosmie tumeurs (craniopharyngiome) 6. Divers Ovaires polykystiques Retard pubertaire III. AMENORRHEES SECONDAIRES A. Les elements de diagnostic - Interrogatoire - examen clinique - courbe de température - test à la progestérone - examens biologiques: ß-HCG, LH, FSH, E2, SBP B. Orientation diagnostique en fonction de la situation clinique - Grossesse - Aménorrhées iatrogènes - Syndrome aménorrhée-galactorrhée - Hyperandrogénie - Modifications du poids - Maladie générale C. Orientation diagnostique en fonction de dosages hormonaux 1. Dosage de ß-HCG systématique 2. Production stéroidienne ovarienne normale et courbe de température biphasique synéchies intra-utérines (syndrome d'Asherman) hysterectomie 3. Diminution de la production stéroidienne ovarienne et courbe de température monophasique * gonadotrophines élevées et hypo-estrogénie (insuffisance ovarienne primitive) - congénitale: dysgénésies gonadiques - acquis syndrômes des ovaires résistants aux gonadotrophines ménopause précoce autoimmune iatrogène (chimiothérapie) ovariectomies * sans élévation des gonadotrophines (insuffisance ovarienne secondaire) -Hyperprolactinémie prolactinome tumeurs hypothalamo-hypophysaires hypothyroidie iatrogènes (neuroleptiques) - Origine hypothalamique aménorrhée psychogène dénutrition, anorexie mentale aménorrhée post-pilule 4. Avec hyperproduction stéroidienne ovarienne * androgénique - ovaires polykystiques - tumeurs masculinisantes (Leydigomes, gonadoblastomes, tumeurs du hile) * oestrogènes: tumeurs féminisantes: - thécomes, tumeurs de la granulosa (5 à 10% des T de l'ovaire) - tumeurs des cellules de Leydig, Sertoli IV. MENOPAUSES PRECOCES touche environ 1% des femmes se définit par une insuffisance ovarienne pématurée avant l’âge de 40 ans se révélant le plus souvent par une aménorrhée secondaire ou une infertilité Les étiologies sont multiples: - iatrogènes: anti-mitotiques, immunosuppresseurs, radiothérapie - génétiques - autoimmunes: ovarites ou résistance aux gonadotrophines
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