Pheochromocytomes Définition Tumeurs endocrines développées aux dépends du tissu chomaffine du système sympathique, · de siège habituellement médullo-surrénalien · se manifestant habituellement par une hypertension artérielle · avec sécrétion anormale de catécholamines Tumeurs rares, responsables de moins de 0.5% des cas d'HTA. I. Rappels physiologiques 1) d'origine neuroectoblastique (crête neurale primaire), les cellules souches ou sympathogonies évoluent: - soit vers les cellules ganglionnaires le long de l'axe aortique - soit vers la glande médullo-surrénale au contact de la cortico-surrénale 2) Les catécholamines: * sont synthétisés par les cellules chromaffines de la médullo-surrénale à partir de la Tyrosine * sont au nombre de trois: - l'adrénaline est le seul catécholamine d'origine hormonale. - la noradrénaline agit aussi en tant que neurotransmetteur au niveau des terminaisons nerveuses - la dopamine est un précurseur et un neurotransmetteur du SNC 3) Le catabolisme des catécholamines est dominé par: - la méthylation grâce à une COMT (A vers méthoxyA, NA vers méthoxy-NA, ac dihydroxy-mandélique vers VMA) - la désamination oxydative et la formation d'aldéhydes sous la dépendance de la monoamine oxydase (MAO)
 II. Anatomo-pathologie 1) macroscopiquement Le phéochromocytome est: - une tumeur ronde - bien limitée par une capsule parcourue de volumineux vaisseaux - de 2 à 5cm de diamêtre, entre 20 et 40g en moyenne Du fait de la croissance concentrique, on retrouve à sa surface des fragments du cortex traduisant l'éclatement de la surrénale. A la coupe, il est charnu rose chamois, parfois hémorragique ou kystique. Il peut être atypique par: - son siège ectopique (15%), intra-thoracique, para-aortique ou vésical - son caractère multiple 2) microscopiquement - aspect de tumeur endocrine - cellules chromaffines d'aspect polymorphe - cellules groupées en cordons le long de riches réseaux vasculaires les phéochromocytomes malins sont rares (10%) de diagnostic histologique difficile, à évoquer devant des localisations anormales (os, foie, poumons). III. Clinique L'expression clinique de la maladie est strictement hormono-dépendante, traduisant les effets des catécholamines. 1) Tableaux typiques avec hypertension artérielle a) HTA paroxystique (25%) Crise à début brutal - souvent déclenchée par des activités comprimant la tumeur · changement de position · effort · palpation · ingestion alimentaire - parfois déclenchée par des facteurs psychiques, une anxiété Sémiologie: - différente entre les malades - stéréotypée chez le même malade - pouvant survenir plusieurs fois par semaine Phase de début respiration plus difficile pulsations amples, bien perceptibles céphalées mains moites et extrémités pâles La crise comporte 4 éléments essentiels: - céphalées intenses, pulsatiles - tachycardie - sueurs, massives, inondant le visage et le corps - élévation tensionnelle majeure, prédominant sur la diastolique Par ailleurs on peut noter: - des troubles vaso-moteurs du visage (pâleur initiale, puis rougeur du visage en fin de crise) - des tremblements - une cécité brutale - des complications vasculaires (infarctus) - une anurie La durée de la crise est variable (quelques minutes à quelques heures), se terminant brutalement, parfois avec une polyurie, laissant le malade fatigué b) HTA permanente (60%) - parfois avec des clochers tensionnels paroxystiques - associée avec maigreur, anxiété, sueurs, hypotension orthostatique, tachycardie, céphalées - présence de signes importants de rétinite hypertensive contrastant avec la discrétion des complications rénales. 2) Autres tableaux cliniques - en fonction des signes cliniques * signes modérés * asymptomatiques (3%), découvertes lors d'un scanner ou d'une échographie (incidentalome surrénalien) * diabète * pseudo-hyperthyroidie (amaigrissement, tachycardie) * choc cardio-vasculaire notamment lors de la mobilisation de la tumeur débutant par une hypertension - en fonction du terrain * chez l'enfant: HTA maligne et permanente * chez la femme enceinte où la grossesse joue un rôle révélateur et favorise les complications vasculaires. Mauvais pronostic foetal avec avortements - formes associées * neurofibromatose de Recklinghausen * MEN de type II (syndrome de Sipple) carcinome médullaire thyroidien hyperparathyroidie primitive. * maladie de Von Hippel Lindau - formes anatomiques * ectopiques · localisations vésicales avec crises lors des mictions · localisations thoraciques dans le médiastin postérieur * malignes révélées par des récidives après chirurgie soit tumeur d'emblée maligne critères histologiques de malignité discutables: effraction capsulaire zones nécrotiques, absence de corpuscules hyalins apport de la scintigraphie à la MIBG (Méthyl-iodo-guanidine) pour localiser les métastases (mais 15% de faux négatifs) * multiples - formes familiales Transmission autosomique dominante Gène responsable localisé dans la région péri-centromérique du chromosome 10 Tumeurs volontiers multiples 3) Dans tous les cas le Diagnostic repose sur: a) des dosages des catécholamines et de leurs métabolites * au niveau urinaire sur urines collectées en milieu acide gardées à 4°C en l'absence de méthyl-dopa, sympathomimétiques, clonidine, phénothiazines - élévation des dérivés méthoxylés presque constante sur une miction après crise sur 24hrs - élévation inconstante des VMA/24hrs (risque d'erreurs avec café, banane, vanille) - élévation des catécholamines urinaires (mais faux positifs) * au niveau plasmatique - élévation des méthoxyamines plasmatiques de haute valeur sémiologique faux positifs en cas d'insuffisance rénale un taux normal élimine à priori un phéochromocytome. - élévation des catécholamines plasmatiques faux positifs chez des sujets neuro-toniques ou hypertendus b) des épreuves dynamiques test au dogmatil ou test au glucagon d'intérêt relatif, parfois dangereux c) des signes indirects polyglobulie hyperglycémie 4) Diagnostic topographique - détection aisée du fait de sa taille en cas de localisation surrénalienne échographie abdominale tomodensitométrie - parfois du fait de la possibilité de formes multiples, il est utile de réaliser une scintigraphie à la MIBG marquée du fait d'une captation du produit spécifiquement par les cellules adrénergiques

IV. Evolution en l'absence de traitement les crises hypertensives peuvent être à l'origine: - de complications vasculaires aigues - de lésions rétiniennes - d'insuffisance rénale Traitée, l'évolution est favorable en cas de lésion bénigne unique Toujours rechercher: une forme familiale une MEN II, se constituant secondairement V Traitement Moyens · Chirurgie · abord antérieur ou latéral · MIBG thérapeutique · en général pas de rémission complête, mais amélioration du bilan hormonal · Traitement médicamenteux · alpha-bloquants · béta-bloquants Indications 1°) Le traitement est en général chirurgical, - l'intérêt d'une préparation médicale ( bloquants qui normalisent la TA par vasodilatation et bloquants qui réduisent la tachycardie) est discuté - sous surveillance hémodynamique étroite risque de poussée d'HTA lors de la manipulation de la tumeur et de collapsus après son ablation. - correction de la volémie en cas d'HTA, bloquants ou Ca-bloquants en cas de troubles du rythme, bloquants 2°) Traitement médical en cas de tumeurs malignes ou multiples non accessibles à la chirurgie bloquants alpha-méthyl paratyrosine Résultats, évolution Réduction considérable de la mortalité péri-opératoire, du fait d'une meilleure préparation et des progrès dans l'anesthésie Importance de la surveillance du fait du risque de récidive uni ou contro-latérale.
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