Les Thyroidites Définition Etats inflammatoires aigus ou chroniques du corps thyroïde. I. Thyroidites aigues ou sub-aigues 1. Thyroïdite aigue suppurée - exceptionnelle, due à une infection microbienne - se traduit cliniquement par un état infectieux et une inflammation locale. - correspond à un abcès thyroidien. - Les signes locaux sont au premier plan avec: · douleur, chaleur locale · infiltration cutanée · adénopathies. - baisse de l'état général, fièvre - hyperleucocytose, VS augmentée. - absence de fixation cartographique dans les zones infectées. - traitement antibiotique adapté sur l'antibiogramme obtenu par cytoponction - doit faire rechercher une pathologie sous-jacente - fistule oesophagienne (cancer) - fistule trachéale, pharyngée (cancer, complications après chirurgie ou radiothérapie) - abcès tuberculeux, rarement inflammatoire 2. Thyroïdite subaigue (de QUERVAIN) - d’origine virale probable - relativement fréquente (5% de la pathologie thyroidienne) - tableau clinique: * souvent précédé par une infection des voies aériennes supérieures * douleurs cervicales parfois très vives, antérieures irradiées aux oreilles permanentes (à la différence d'une angine). * goitre modéré, dur, douloureux à la palpation * état fébrile ou sub-fébrile * éventuellement des signes de thyréotoxicose - biologiquement: * élévation : de T3 et T4 plasmatique · de la thyroglobuline · de la VS avec polynucléose * afixation thyroidienne (scintigraphie blanche) Diagnostic différentiel - Des douleurs: angine - Des nodules froids - Des dysthyroidies avec hypofixation (scintigraphie blanche): - thyrotoxicose factice - saturations iodées - thyroidite d'Hashimoto (parfois douloureuse) Traitement anti-inflammatoire pendant 1 mois * aspirine (2 à 3 g/j) * surtout corticoïdes avec nécessité d’une posologie initiale quotidienne de l’ordre de 4O mg de prednisone (CORTANCYL R) ou de prednisolone (SOLUPRED R) * posologie très progressivement dégressive sur 2 semaines (risque de rechutes) * évolution en 3 phases: - phase initiale d'hyperthyroidie (2 à 3 semaines) - phase d'hypothyroidie - phase de guérison sans séquelles mais risque de rechutes * Après l'atteinte d'un lobe, possibilité de thyroidite à bascule atteignant le lobe contro-latéral 3. Thyroidite indolore ou silencieuse * le tableau clinique est celui: - d’une thyréotoxicose pure transitoire sans goitre - indolore - avec afixation thyroidienne - sans signes cliniques ou biologiques d'inflammation * considérée le plus souvent comme une forme particulière de thyroidite subaigue * ne nécessitant pas de traitement * risque de récidive dans 10-15% des cas II. Thyroidites chroniques 1.Thyroidite lymphocytaire (HASHIMOTO) - maladie auto-immune relativement fréquente - surtout chez la femme à partir de la cinquantaine - concerne 2% de la population - correspond à une infiltration lymphocytaire thyroidienne - on oppose: · les formes avec goitres (HLA DR5) · les formes sans goitres (anti-récepteurs de TSH bloquants, HLA DR3) - se traduit typiquement par : * un goitre diffus modéré ou important, de consistance très ferme * une hypothyroidie parfois latente - associée avec: * d'autres thyréopathies * d'autres maladies auto-immunes * à un lymphome le plus souvent thyroidien * à une gammapathie monoclonale - parfois atypiques: * douleur * absence de fixation cartographique * tableau de thyrotoxicose transitoire (Hashitoxicosis) * avec exophtalmie (10%) * formes sans goitre avec involution thyroidienne - chez la femme enceinte: rechercher des anticorps bloquants pathogènes pour le foetus Biologiquement : * T3 - T4 généralement basses, parfois normales ou élevées * TSH généralement élevée * fixation thyroïdienne de l’iode 131 basse, normale ou élevée * anticorps antithyroïde à taux élevé (anti TPO) * intérêt de la cytoponction (lymphome parfois associé) Principes thérapeutiques: * opothérapie thyroidienne en cas d’hypothyroidie * exceptionnellement chirurgie si le goitre est volumineux 2. Thyroidite fibreuse (RIEDEL) - rarissime, d’origine inconnue - parfois associée à une sclérose médiastinale ou retro-péritonéale - clinique: goitre de consistance pierreuse signes de compression (veineuse, trachéale, récurrentielle) - VS et hormonémie thyroidienne normales - zones froides sur la cartographie - principes thérapeutiques : * cure chirurgicale difficile mais nécessaire du point de vue mécanique * corticoïdes inconstamment efficaces 3. Thyroidite du post-partum Prévalence élevée (5-10%) - thyrotoxicose quelques mois après l'accouchement - parfois réversible mais avec un risque de rechutes lors d'autres accouchements - qui peut persister - nouvelle pathologie ou accentuation d'une pathologie sous-jacente Facteurs de risque: - goitre - positivité des anticorps anti-thyroidiens (anti-TPO) pendant la grossesse - Basedow en euthyroidie 4. Thyroidites après traitement par cytokines - au cours de cancers ou d'hépatites virales chroniques traités par Interféron alpha (10% d'hypothyroidies, 4% d'hyperthyroidies) - au cours de cancers traités par IL2 et cellules LAK (20% d'hypothyroidies) - soulignent l'importance des cytokines dans la régulation de l'autoimmunité thyroidienne - Révèlent le plus souvent une pathologie sous-jacente
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